InfoSportNature Page d’accueil Contact Impressum Table des matières Allemand Deutsch
 
Disciplines sportives Sélection Rafting
 
Disciplines sportives > Sélection (Sports aquatiques) > Rafting
Version imprimable  
 
Texte: Martina Porzelt &;
Swiss Outdoor Association (SOA)

 

Le rafting
Rafting à l'Ache de Bregenz (Autriche)
Rafting à l'Ache de Bregenz (Autriche)
© Manfred Fink, canyoning-team.com

Le rafting est un sport d’eau vive qui consiste à descendre des rivières à bord d’un canot (ou raft) pneumatique. L’attrait de ce sport tient principalement au plaisir d’affronter, en groupe, de forts courants. En principe, le rafting est accessible à tous. En Suisse, les exigences minimales requises pour la pratique de ce sport sont formulées dans les « Lignes directrices pour le rafting », publiées par l’Office fédéral du sport. L’origine de ce sport est liée à la descente des rapides, activité autrefois réservée à des professionnels des eaux vives à l’esprit aventureux. Aujourd’hui, le rafting est devenu un sport relativement répandu, surtout sous la forme d’activités commerciales. Il se pratique aussi en compétition, où il compte trois disciplines différentes. L’espace naturel requis pour la pratique de ce sport est le même pour les loisirs que pour la compétition: il est indispensable dans les deux cas de disposer de rivières ou de torrents à fort courant. Cette contrainte implique évidemment un potentiel de conflits considérable avec les objectifs de la protection de la nature.
 

Description de la discipline
 
Pratique de la discipline

Ce sport donne au rafteur l’occasion de vivre des expériences en eau vive. Faisant équipe avec d’autres pagayeurs sous la conduite d’un guide expérimenté, il défie les vagues et les rouleaux. Outre l’expérience de « l’eau vive », le rafting donne aussi l’occasion de vivre une aventure hors du commun en pleine nature. Il s’agit, en groupes de 6 à 10 personnes en général, de descendre des rapides à bord d’un canot pneumatique et de le diriger à l’aide de pagaies. Un équipement spécial est nécessaire; il se compose d’une combinaison néoprène, d’une veste néoprène ou imperméable, d’un casque, de bottillons en néoprène, d’un gilet de sauvetage et d’une pagaie. Assis sur l’un des boudins latéraux du canot, le rafteur cale ses pieds sous des sangles situées au fond du bateau, ce qui lui laisse les mains libres pour pagayer.

  • Conditions requises
    Toute personne intéressée peut faire du rafting sans disposer de connaissances préalables spéciales (les exigences minimales requises des participants figurent dans les « Lignes directrices pour le rafting », publiées par l’Office fédéral du sport). L’amélioration des matériaux permet pratiquement à tout un chacun d’entreprendre une descente en raft, à condition de savoir nager et d’être en bonne forme physique.
    En cas de crues, la descente en eau vive est déconseillée, car il est très difficile d’évaluer les courants.

  • Attrait et influence de la nature
    Le rafting en eau vive possède un grand pouvoir d’attraction. Faire l’expérience du courant en eau vive et l’affronter en groupe sont des défis très intéressants. C’est aussi une aventure insolite et un changement radical par rapport aux situations quotidiennes. La présence d’un guide à bord limite les dangers liés à cette pratique sportive et permet de les anticiper. La communion avec la nature explique en grande partie l’attrait particulier de ce sport: vivre la nature « à l’état pur », se « mesurer à la rivière » sont des situations extrêmes que le plupart d’entre nous n’ont pas l’occasion de vivre au quotidien. De plus, même si la responsabilité est endossée par un guide, la charge psychique et émotionnelle reste très élevée.

Histoire
Le « raft » est synonyme de « radeau ». Il y a plus de 200 ans déjà, on utilisait des radeaux en rondins pour effectuer des transports sur les fleuves. Au milieu du 19e siècle, un bateau gonflable fut utilisé pour la première fois dans le cadre d’une exploration fluviale, mais ce type d’embarcation ne réussit pas à s’imposer. Pour les expéditions suivantes, on lui préféra des canots à rames et en bois, comme ce fut le cas pour l’exploration et la première descente du Grand Canyon (rivière du Colorado) en 1869, par John Wesley Powell.
Entre la première et la seconde guerre mondiale, l’armée américaine développa des canots de sauvetage gonflables, fabriqués en caoutchouc robuste et résistant. Ces canots dont la taille, la forme et l’aspect étaient identiques aux rafts actuels furent ensuite utilisés par des explorateurs privés pour explorer les gorges d’Amérique du Nord, très difficiles d’accès. La première concession commerciale fut attribuée en 1952 dans l’Utah, aux USA, marquant ainsi l’apparition d’une « nouvelle » industrie. Depuis, on a fabriqué et développé des canots gonflables spécialement conçus pour la descente en eau vive.
Le rafting s’est répandu dans le monde entier dans les années 1960 et 1970. Avec l’évolution et l’amélioration des matériaux, cette activité autrefois réservée à quelques « mordus » des eaux vives est devenue accessible à un large public.
En Europe et en Suisse, les descentes commerciales en raft sont apparues au début des années 1980.
Après avoir connu un pic dans les années 1990, le nombre de clients intéressés par les descentes commerciales a tendance à stagner.
 
Diffusion de la discipline
En Suisse, le rafting dans des rivières réputées difficiles (classées à partir du degré de difficulté 3, p. ex. le Rhin antérieur, l’Inn, la Simme, la Sarine et la Lütschine) est pratiqué de manière ponctuelle et pratiquement exclusivement par des prestataires commerciaux ou des sportifs occasionnels.
La descente de rivières plus faciles (degrés de difficulté 1 et 2, p. ex. l’ Aare de Thoune à Berne ou la Reuss de Bremgarten à Gebensdorf) est un loisir très apprécié du public lors des chaudes journées d’été. Dans ce cas, le rafting consiste davantage à se laisser glisser au fil de l’eau qu’à relever un défi sportif proprement dit.
En Suisse, le rafting commercial est représenté par deux associations: la Swiss Outdoor Association (SOA) et la Fédération Suisse des Sports Aventure (FSSA). Celles-ci ont créé, avec l’Office fédéral du sport (OFSPO), la commission Faîtière Suisse de Rafting.

En Allemagne, le rafting ne possède pas de fédération propre; il est représenté au sein de la fédération allemande de canoë (DKV).

Milieu naturel
 
Espaces naturels requis pour la pratique du rafting

Comme pour le canoë en eau vive, la pratique du rafting nécessite des rivières ou des torrents à fort courant ; il faut aussi que la profondeur, la largeur et les obstacles du cours d’eau soient adaptés à la dimension des canots et aux compétences des pilotes. Les obstacles qui ne peuvent être contournés que par portage du bateau ne devraient pas être trop nombreux. L’existence de voies d’accès à proximité des zones de mise à l’eau et de sortie de l’eau offre un avantage pour le transport du matériel.

 
Impact écologique
Rafting au Vorarlberg (Autriche)
Rafting au Vorarlberg (Autriche)
© Manfred Fink, canyoning-team.com
En Suisse, le rafting à caractère commercial est soumis à un régime d’autorisation. Ces autorisations prévoient des conditions visant à protéger l’écosystème, p. ex. l’aménagement de zones de mise à l’eau et de sortie, des aires de détente, des horaires de navigation limités, etc.
Les zones de mise à l’eau et de sortie de l’eau ainsi que les aires de détente représentent à l’évidence une charge accrue pour l’écosystème, même si celle-ci reste très ponctuelle.
Les entreprises commerciales ne sont autorisées à sortir les rafts de l’eau qu’à certains endroits bien définis, afin de déranger le moins possible les oiseaux. Ces dernières années, les fédérations ont consenti d’importants efforts pour sensibiliser les entreprises commerciales à la protection de la nature et aux sources de conflits. Ayant pris conscience que le milieu naturel constitué par le cours d’eau et ses environs fait partie de leur « capital », la plupart des organisateurs savent qu’il est dans leur intérêt de le protéger et de le conserver.

En revanche, les groupes de rafting qui ne possèdent pas les connaissances nécessaires ou les compétences techniques suffisantes pour respecter l’environnement posent un vrai problème, dû surtout au fait qu’ils s’arrêtent partout et à tout moment; ils endommagent, par leurs piétinements, la flore et la faune présentes dans les zones riveraines, les zones de mise à l’eau et les lieux de campement. Les lieux les plus touchés sont les segments de rives, particulièrement fragiles, situés dans les contre-courants et les eaux calmes.
On distingue deux types de perturbations : les perturbations causées par la mise à l’eau et la sortie de l’eau des canots et celles causées par leur déplacement dans l’eau.

Incidences possibles lors de la mise à l’eau et de la sortie de l’eau

  • Les piétinements peuvent endommager la végétation riveraine, causer des éboulements de berges, des changements d’espèces ou des pertes de végétation dans les zones de mise à l’eau, notamment lorsque celles-ci sont situées à proximité de biotopes sensibles au piétinement.
  • Le déplacement du raft peut perturber ou chasser des animaux sensibles aux dérangements (interruption de la couvaison et de l’alimentation des petits), en particulier pendant dans la période de couvaison des oiseaux vivant à proximité des cours d’eau (martin-pêcheur, merle d’eau, chevalier guignette, etc.). En ce qui concerne la détérioration des roseaux et des plantes subaquatiques, il faut savoir que les roselières constituent un milieu naturel pour de nombreux invertébrés et servent également de refuge à certaines espèces d’oiseaux. Il suffit d’endommager la tige de la plante pour que l’eau s’infiltre dans la racine et que la plante meure.

Incidences possibles pendant la descente

  • Le seul déplacement de l’embarcation sur l’eau suffit à perturber la faune sauvage (poissons, sauvagines, loutres). La présence du canot déclenche en effet des réactions de stress, proportionnelles à la distance de fuite dont disposent ces animaux. Le fait que des bateaux se déplacent en grand nombre et durant une période prolongée sur un cours d’eau peut exercer une influence considérable sur les animaux. D’autres espèces sont également menacées, comme les oiseaux qui évoluent le long du cours d’eau et différentes espèces animales vivant aux abords des chemins d’accès et des zones de mise à l’eau et de sortie de l’eau (Ingold 2005).
  • Pour les oiseaux, une embarcation qui se déplace à une allure constante et sans faire de bruit ne pose pratiquement aucun problème; en revanche, les bruits répétés émanant de certains canots peuvent conduire certaines espèces – qui nidifient près des rives – à cesser d’alimenter leurs petits pendant des périodes prolongées. De plus, lorsqu’ils marchent sur des îlots ou des bancs de graviers, les amateurs de sports nautiques risquent d’écraser les œufs ou les alevins qui s’y trouvent (Ingold 2005).
  • Une autre incidence possible est la destruction des lieux de ponte dans les lits de graviers, à cause de l’action mécanique exercée sur le fond du lit (par le contact du canot ou de la pagaie) ou du soulèvement des sédiments (bancs de boue ou sable fin). Cela arrive souvent dans les eaux calmes et dans les endroits exposés.


 
Variantes de la discipline
 
Le rafting, sport de compétition

Une compétition de rafting englobe 3 disciplines ( www.raftteamgermany.com):

Le sprint: deux équipes concurrentes s’affrontent lors de tours éliminatoires. L’équipe gagnante est admise pour le tour suivant, jusqu’à ce que les deux meilleures équipes restent en lice ; la plus rapide l’emporte.


Le slalom: le but consiste à effectuer un parcours en franchissant des portes suspendues le plus vite possible et avec le minimum de fautes, sans toucher les portes. Les participants disputent 2 courses; seule celle réalisée dans le meilleur temps est prise en compte; l’équipe qui a réalisé le temps minimum a gagné.


La descente: la descente, qui a lieu le dernier jour de la compétition, dure de 20 à 60 minutes. Toutes les équipes prennent le départ en même temps (départ en masse). La meilleure place de départ est attribuée à l’équipe qui est en tête du slalom et du sprint. L’équipe gagnante est celle qui franchit la première la ligne d’arrivée.


Le classement général: l’équipe gagnante au classement général est celle qui a totalisé le maximum de points après les trois épreuves (www.raftteamgermany.com).
Les compétitions de rafting se déroulent en général dans des rapides très difficiles (www.kanu.de).

Références
Source: Robert Schlacher, dans Naturschutzbrief 4/92

 

  haut de la page Version imprimable retour